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Pérou - Pérou


de cbrog, 14-08-2006

Hola Amigos


Hola Amigos,

Je suis désolé, mais je vais être un peu long, je viens enfin tout juste de quitter le Pérou après plus de deux mois et demi dans ce pays où j’ai vu tant de chose et où j’ai si peu écrit mais beaucoup photographié.

Il y a d’abord eu Lima la dangereuse où dès le premier soir deux jeunes gamins de 16 ans ont essayés sans succès de me voler mon appareil photo que j’avais en bandouillère. Une ville où il était pourtant bien utile de l’avoir toujours à porté de main puisque la campagne des élections battait son plein et que se succédaient les réunions politiques en pleine rue et de nombreuses manifestations.

C’était pour moi un nouveau plongeon dans le voyage en solitaire, la photographie de nuit et la découverte d’une nouvelle langue (Sylvie c’est de l’espagnol que j’aurais du faire tout l’hiver et pas de l’anglais !).
Une brève escapade à Miraflorès qui ne m’a pas vraiment enchantée et où j’ai très vite laissé mon projet sur les hommes et la mer, n’y trouvant plus de plaisirs et préférant travailler mon regard de photographe avant d’attaquer un sujet.

Un vol au dessus des étranges lignes de Nazca et j’en avais déjà assez de jouer au touriste, je partais donc vers une petite ville secondaire à la rencontre de Péruvien et sur les conseils du dernier hôtelier, je me rendais à Puquio.

Pas de calme dans cette ville. J’y découvre la manière dont les péruviens fêtent leur saint, arrivant au beau milieu de la fête annuelle de la ville vouée a la sainte patronne.
Premières processions religieuses, premiers concerts aux musiques criardes, premières corridas hors de France avec Matadors, Péones et Imprésarios avec qui je partage l’hôtel, mais surtout premières rencontres.
Karine, Thomas et Chris du Canada venus avec un groupe pour un échange culturel : Merci de ce long partage, de mon premier cours d’espagnol sur une table de restaurant et de la redécouverte de la fidélité.

Puquio c’est aussi les premières randonnées en montagne desséchées où les cactus ont des troncs, les poules des plumes aux pattes et les paysannes sans dents, ni ages et toute en rondeur, des tresses qui leur arrivent aux fesses. Ces dernières s’occupant la journée de traire leur vaches et de regarder pousser l’herbes et la nuit de vendre leur fromage, emmitouflées sous de nombreuses couvertures, dans la poussière des bus de passage.

C’est ici que j’ai été choqué du nationalisme péruvien, des défilés militaires pour vrai défenseur de la patrie mais aussi pour toutes les écoles du lycée à la maternelle. Voir des enfants de 6 ans marcher au pas militaire, habillés en treillis avec fusils en plastiques et char en carton pâte, je vous assure, moi, je ne suis pas fan.

C’est aussi ici que je découvrirais en discutant avec le jeune fils de l’hôtelier que les meilleurs élèves de chaque classe (un garçon et une fille) sont chargés, à la place des professeurs, de faire régner la discipline. On peut les reconnaître au milieu des écoles grâce à leur tenue traditionnelle d’écolier qui est ornée d’insignes, écussons et cordelette qui entoure l’épaule pour tomber en pompon sous l’aisselle. Et la discipline ils savent la faire respecter, mais plus à l’aide de leur matraque blanche que de négociations...

Mais Puquio c’est aussi l’opportunité de visiter une mine d’or, de voir un mineur remuer une écuelle pleine de terre et d’eau pour en dégager quelques infimes poussières qui brillent de mille feux sous le soleil d’altitude.
De descendre dans des mines ouvertes, saignées dans la terre sur une vingtaine de mètres de long, trente de profondeur et à peine soixante centimètre de large. D’entrer dans une galerie de 120 m où l’accueil des mineurs fût une fête et à la lueur des lumières des casques et sous une humidité écrasante emporter une vingtaine d’images prises trop rapidement.
C’est aussi malheureusement entendre le chef d’équipe expliquer qu’il espère qu’il y aura la guerre entre les Etats Unis et l’Iran car cela devrait faire remonter le coût de l’or (les événements du Liban et de Londres n’existait pas encore) et voir le dernier jour de mes visites tout les mineurs quitter leur campement avec femmes, enfants, oeufs et groupes électrogènes pour des raisons de rivalités entre communes.

Pour finir sur cette ville il y a eu la rencontre d’Uroch et Mojca (tout deux Slovaques) avec qui il y eut tant d’échange d’envie de lecture, d’écoute de musique, de visionnage de film que j’ai ouvert la médiathèque sur mon site.

Entre temps, j’avais déjà fait un saut à Cusco et au Machu Picchu dont je vous ai déjà parlé. Premier site Inca trop vu avant et finalement pas assez embrassé lors de cette épopée. Mais rencontre de Lucho l’architecte Argentin, Topo l’artisan Salvadorien et Meghan l’Américaine perchée.

Cusco au cœur des sires Incas les plus fous et les plus inimaginables. Ollantaytambo la magnifique, les laboratoires agronomiques circulaires de Muray, les Salines en cascades alimentées par une source d’eau chaude salée qui laisse un mirage de couleur jusque dans le fond de la vallée, Chincheron l’immense, Pissac avec ses trois citadelles militaires imprenables, son village aux maisons à étages et son cimetière vidé par les pilleurs de tombes.
Mais aussi Huchuy Cosco, découvert grâce à Gloria Altamirano, une Péruvienne qui a vécue en France et qui souhaite jumeler ce site avec un parc national Français. En tout cas c’est un site qui mérite d’être plus découvert avec son tribunal à flanc de falaise où les coupables étaient exécutés dans l’instant du jugement, jetés dans un vide de plus de 300 mètres ; son début de pont imaginé par un Inca amoureux d’une belle vivant sur la montagne située à peine à 800 mètres en face et son double palais à trois étages, à moitié détruit par les Conquistadors qui n’avaient sans doute pas assez de pierres pour construire leur demeure.

Et encore Choquequirao l’inaccessible. Trente deux kilomètre de montagne dont les 8 derniers avec 1300 mètres de dénivelés (Alex un grand merci de m’avoir présentée ta maman qui s’est occupé de ma préparation physique dans les Calanques), avec trois jours de nourritures et une tente dans le sac à dos pour découvrir un site plus grand que le Machu Picchu où les archéologues français poursuivent les fouillent et dont je ne ramènerai quasiment aucune images. Aillant voulu goutté au San Pedro (très efficace), j’ai manqué de vigilance le soir alors que je prenais des enfants en photo près du feu de camp. L’un deux s’est servi dans mon sac, emportant le film du jour…

Je n’oublierai pas non plus de vous citer Paucartambo, ville où j’ai vu la fête la plus dégénérée de tout le Pérou.
Concours de danses entre troupes professionnelles aux costumes et aux masques multicolores, reprenant l’histoire du pays. Incas, sorciers, conquistadors, paysans, notables et infirmières mimant entre deux processions de la vierge poussiéreuse qui passe sous les hurlements de diables perchés sur les toits hurlants à la mort, l’histoire du pays, avec ses coutumes, ses cultures, ses guerres et ses maladies.
Clou final de cette fête entrecoupée d’apéro pain, vin, queso avec des Marseillais en mission écologique (Pierro, Maria, Laurianne, Fantine, Max et Julien, n’oubliez pas les rendez-vous pris : 15 mai 2007 fête à San Isidro – RdV à 15h sur la Plaza de Toros de os Vintes et le 21 juin 2007, fête de la Musique à Marseille, rendez-vous 52, rue du Tapis Vert dans le premier à partir de 19h) et de levé de soleil magnifique et frigorifique, heureusement soutenue par des bouteilles de rhum, la visite du cimetière de la ville. Jour de commémoration des morts, la famille demande aux danseurs, conteurs et fouetteurs de venir faire une représentation sur la tombe du défunt. Je ne préciserai pas plus ce que font les danseurs, le conteurs vous l’aurez compris raconte une histoire embellissant la vie du défunt, en revanche les fouetteurs font des concours. Deux jeunes d’à peine plus de 10 ans se font face sur la tombe et à tour de rôle se fouette les mollets nus jusqu’à ce que l’un d’entre eux, bien après l’arrivée du premier saignement, déclare forfait.
Pendant ce temps, la famille fait livrer une caisse de bière pour régaler tout le monde, et les nombreux photographes marchent et grimpent sur les tombes avoisinantes pour saisir un cliché.
Le grand final de cette fête s’appelle la Guérilla, elle a lieu sur la place centrale de la ville (qui pour une fois ne s’appelle pas plazza di Armas). Tous les personnages de la fête se lance alors dans une grande bagarre dont le public ne ressort pas indemne. Chariots de feu, oranges qui volent, encens pimentés à l’odeur nauséabonde et bataille de bière contre produit à l’origine indéterminé (style crème anglaise super liquide – mon appareil a adoré) atterrissent sur la foule compacte. Les Incas pourchassent les Conquistador qui une fois achevés sont alors poursuivis par les diables. Les notables passent et vous assènent un grand coup de bible ou de code civil sur la tête. Le toro se défendra bien contre les péons, mais sera tout de même mis à mort et porté à bout de bras pour une vuelta d’honneur.

A la moitié de ces visites, ma route a croisé celle de Gregory, Toulousain qui démarre son tour du Monde. Nous enchaînons depuis les treks, les bus, le stop et les hôtels bon marchés.

Avec lui je suis arrivé à quitter Cusco, l’Ukuku (meilleur bar de la ville, je suis sûr que Coraline et François seront d’accord) et le Pérou, mais pas sans avoir fait un saut à Arequipa où le couvent bien loin des images traditionnelles que nous en avons s’est dévoilés à nous pour deux visites (une diurne, une nocturne) : Un régal d’architecture, de jeux d’ombres et de lumières et donc de photographies.

Tient d’ailleurs entre temps j’ai trouvé sur un marché aux puces Cusquénien un Nikon avec un pur objectif (Estelle tu avais raison, le viseur Nikon est le plus lumineux de tout les appareils que j’ai jamais eu). Du coup j’ai revendu mon Minolta à un réparateur d’une petite vile proche de la frontière. Un réparateur oui car le boîtier n’en pouvait plus (Tu vois Yan, je ne me suis pas encore foulé le doigt à force de déclencher, j’ai eu la carcasse de mon appareil avant).

Il ne nous restait plus qu’à faire un saut sur les Iles Flottantes du Lac Titicaca avant de quitter le Pérou. Mon dernier rouleau Noir et Blanc s’achèvera sur les costumes blanc et noir d’un mariage qui avait lieu sur l’une d’entre elles. J’aurais bien aimé me baigner dans ce lac, mais à 4.000 mètres l’eau est quand même très froide.

Le lendemain nous passons la frontière, Greg qui a oublié du matériel à l’hôtel doit rebrousser chemin : Je rentre donc seul en Bolivie, à Copacabana (pas celle de la chanson) où de nouveau il y a la fête annuelle de la Sainte locale.

Je n’ai plus de film pour prendre des photos, raison pour laquelle j’ai pu reprendre mon stylo avant le clavier. J’ai hâte d’arriver à La Paz pour remonter mon laboratoire ambulant et alléger mon sac de la centaine de films complémentaires que j’ai fait.

En attendant voyager en Amérique du Sud c’est bien plus facile qu’en Chine ou en Russie. Facilité de langue, de partage, de rencontres et de retrouvailles. Un comique de rue – Daniel – rencontré à Puquio, recroisé à Cusco m’a interpellé tout à l’heure dans la rue. Il m’attend pour son show pour lequel je commence à être rodé puisqu’il essaye toujours de m’envoyer les mêmes vannes depuis deux mois.

Je vais le rejoindre, à plus tard.
Cbrog

Commentaires sur cet article
delf
A quand le roadbook monsieur ??? ton sens du verbe est époustouflant..... on en veut encore !!!

allez raconte !!

delf
 
fred
encore plus de photo svp
 

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